de J.M.G. Le Clézio / 2

Publié le par le bol vide

" Ce que je hais, ce n'est pas le vide. C'est la blessure qu'il vient infliger à mon orgueil d'homme qui pense. Moi qui croyais tout si plein, même dans la mort, j'ai eu la révélation insupportable qu'il n'y avait rien. L'illusion, oui, il reste l'illusion. L'illusion de la rébellion contre le néant, de la lutte contre le temps. Mais cette illusion n'est pas toujours la plus forte. Parfois elle cède et dans mon être, dans ma vie, comme une porte ouverte, les côtés distendus s'écartent et laissent voir le spectacle terrible de la nuit. Ni quelque chose ni rien. Pire que cela, au-delà de ma pensée : le glacé. L'éternel. Le fugitif. L'étendu. Le çà. "

J.M.G. Le Clézio, in L'extase matérielle, p.83,Gallimard 1967, folio essais n° 212.

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