et si tout cela n'était que du vent !!!!

Publié le par le bol vide

... quelle que soit la source de réflexion,  le haïku  d'aujourd'hui interpelle nos consciences et demande à se frayer un espace moins conflictuel. La crainte d'une écriture embourgeoisée ronronnant dans les filets  littéraires et d'une autre, trop basée sur le shéma syntaxique des maîtres japonais, pousse le haïku vers d'autres spéculations réflexives.  Mais qu'en est-il réellement ? est-il nécessaire de faire référence à cela ? je ne le pense pas... comme je ne pense nullement que nous reproduisons à travers nos instances un certain camélionisme japonais... Que nous parlions de bols, de cerisiers, de papillons, d'oiseaux  de monts et de rivières, n'a rien d'exotique... tous ces éléments nous entourent et nous émerveillent ... ils vont même au delà ce ça, ils ont la force, de par leur présence d'être universels et  de nous permettre de singulariser leur profil par nos  différents styles d'écriture. Limités à  quelques syllabes, le malaise, l'inquiétude mais aussi la quiétude  la contemplation, l'observation et l'acceptation de certains faits sociaux ne demandent qu'à s'émanciper de la rigueur dans laquelle on les situe. Les  cerisers fleurissent en ville, dans les champs et sur les lieux de guerre... le thé se sert à travers le monde dans des bols qui se vident et se remplissent  même dans les rues... les oiseaux volent dans tous les cieux, du plus clair, au  plus saturé de toxicité...  les rivières limpides ou polluées coulent au fond des vallées sans jamais s'inquiéter de leur existence...

On peut tout dire... tout... et son contraire...

l'importance de l'écriture ne réside pas dans le choix du sujet mais dans son intégrité... il n'est pas indispensable de fustiger contre des écrits cherchant à imiter le talent des auteurs japonais; de toute manière nous n'en avons ni la culture ni la subtilité;
ni de s'acharner sur les thèmes soit disant rabâchés et usés... il n'en existe aucun,  mais il existe par contre une réelle difficulté d'en parler sincèrement et librement...   il  est néanmoins, bien plus intéressant de travailler sur l'impression et la perspicacité de tous nos sens...  et trouver une écriture fluide, épurée voire contemporaine et adaptée à notre quotidien.

nomades ou séden
taires, chacun d'entre nous, qui avons choisi cette forme d'écriture pour  nous exprimer, offrons en lecture notre r
éalité  que nous  exposons librement...   C'est pourquoi il me semble que les plus beaux haïkus, ceux, pour qui, le temps ne signifie rien, sont ceux qui se sont affranchis de tout rempart....


anna

Publié dans théorie du haïku

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anna 01/04/2009 00:06

merci Marcel de ton opinion sur la chose ... c'est vrai que ce qui est le plus intéressant est le doute et donc la possibilité de voir évoluer ses pensées vers quelque chose de plus réduit de plus essentiel.

anna

Marcel Peltier 31/03/2009 21:09

La position défendue par Anna me plait beaucoup, j'aime ses accents de sincérité.
Car, qu'est-ce qu'écrire, si ce n'est se livrer pratiquement nu. Les plus grandes révolutions sont silencieuses et elles ne sont possibles que dans la totale liberté d'expression. Et après tout, écrivez ceci ou cela aujourd'hui, peut-être écrirez-vous autrement demain ou mieux vous arrêterez vous d'écrire parce vous aurez atteint le satade de la non-parole, le stade ni du A, ni celui du non-A.