Le Zen et l'art du haïku par Ken Jones (1997)...

Publié le par le bol vide


À partir de blog de Gabi Greve :
http://happyhaiku.blogspot.com/
"Ego and how to annihilate it in haiku"
(L'ego, et comment l'annihiler dans le haïku), cet extrait des Speculations de Robert Spiess

# 867
"Dans le moment-présent du haïku (soit immédiat, soit de mémoire) l'ego et l'intellect doivent être largués."

, ces extraits de Bruce Ross :
" Ces poètes américains désirent créer ces "moments-haïku". Mais un ego subjectif, qu'on l'appelle sentiment ou imagination, interfère avec leur perception de l'objet."
" Dans le parler zen, il n'y a pas besoin de "mettre des pattes au serpent" - même pas des pattes poético-métaphysiques."

, ces extraits de l'article de Ken Jones :

"Zen and the Art of Haiku" ("Le zen et l'art du haïku") :

" Dans le haïku japonais, l'ego ne doit pas être présent. D'après les maîtres de la poésie japonaise, de bons haïkus ne peuvent se faire que dans un esprit de sans-ego. Le poète et le sujet du poème doivent s'unir dans un état de conscience sans pensée (méditation).

La perte de l'ego -
La mer tombe dans la goutte
Pourquoi alors parler de perte ?


Graham Brown (Australie).

Apprenez à "nettoyer les portes de la perception" (Blake) et laissez entrer la réalité.

Les haïkus sont l'expression la plus profonde du zen littéraire. Ils sont aussi une des "voies" de méditation (comme la calligraphie et les peintures minimalistes à l'encre, les zenga et haïga) dont la forme donne expression à la compréhension et en même temps aide à l'approfondir. Le moment-haïku n'est donc rien de moins que le petit flash d'une réalité ultime qui en fait est seulement ce qui est sous nos yeux. Le haïku qui incarne le plus clairement l'"ainsité" en tant que base de notre être, je le nommerai, dans la tradition de R.H. Blyth, "haïku zen", et c'est celui-ci qui me concerne tout particulièrement.


George Swede :

Après la quête du sens,
des factures au courrier.


Vide du "besoin de soi" :

Il s'ensuit que le haïku doit jaillir d'un esprit ouvert et non obstrué par une quelconque pulsion de faire quelque chose de la réalité qui est apparue à l'attention du poète. (...) Le maïtre zen du XIII° siècle Dogen observait : " Quand l'ego se retire, les dix-mille choses avancent ; quand l'ego s'avance, les dix-mille choses se retirent." et Bashô conseillait : " En composant un verset, ne laissez pas l'épaisseur d'un cheveu entre votre esprit et ce que vous écrivez; la composition d'un poème doit être faite en un instant, tel un bûcheron abattant un grand arbre ou un samouraï sautant sur un ennemi dangereux
."
(...)
  Quand le "c'est ainsi" (l'ainsité, sono-mama) est "vide" du poids du "besoin de soi", nous éprouvons un sentiment de relâchement, de légèreté d'esprit. C'est le "karumi" (légèreté...) expérimenté en petit dans le haïku

(...)
" Sabi est la solitude existentielle qui ne peut être résolue qu'en reconnaissant son inéluctabilité en même temps que la joie et la gratitude qui peuvent résulter de son acceptation. " (Brian Tasker in Haiku and Zen Barebones Wren Close, from BA1 1 2 UZ U.K.)

La solitude
de cette montagne déserte -
le vieux fermier
arrachant des pommes-de-terre sauvages

(Bashô)

(...)

En un cri perçant
le faisan a avalé
le grand champ

(Yamei)

Le mendiant
porte Ciel et Terre
pour habits

(Kikaku)

Dors sur le canapé, dit-elle
coupant ses fantasmes
en deux

(Steve Sanfield)

Pour compagnie
une chaise vide

(Ken Jones)

Ken Jones, 1997.

Publié dans théorie du haïku

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py+daniel 01/05/2009 22:23

j'en mettrai autant que je pourrai, de ceux-ci, anna - quitte à faire déborder le bol ?
dan

anna 30/04/2009 12:44

ça fait plaisir de lire ça ... à croire qu'il faille aller chercher vraiment ailleurs qu'en France, pour trouver des écrits pertinents et intelligents sur le haïku...

merci Daniel ... ça me redonne courage...!!!

je n'en avais plus guère...