de R-M. Rilke sur Cézanne

Publié le par le bol vide

Rainer-Maria Rilke
Lettres sur Cézanne
éd. du Seuil

p.13 :
Cézanne est aussi quelqu'un qui ne fait pas de différence entre le beau et le laid, le noble et l'ignoble; qui accueille avec équanimité la totalité du réel dans son oeuvre.

p.20 :
Peu nous importe comment quelqu'un grandit, pourvu qu'il grandisse et pourvu que nous cherchions uniquement la loi de notre propre croissance...

p.29 :
Dans ses tableaux ("L'arbre fleuri"), la pauvreté est déjà devenue richesse : une grande lumière intérieure

p.35 :
Et comme toutes choses sont pauvres chez lui : les pommes sont toutes des pommes à cuire, les bouteilles auraient leur place dans de vieilles poches de veste évasées par l'usage.

p.41 :
"travailler sans le souci de personne et devenir fort" criait-il à son visiteur.

p.47 :
Tout est simplifié, réduit à quelques plans clairs et justes, comme le visage dans un portrait de Manet. Rien n'est infime ou superflu.

p.48 :
Ils se distinguent sans maniérisme, sans aucun souci d'originalité.

p.50 :
Comme si ces couleurs vous débarrassaient définitivement de toute incertitude. La conscience tranquille qu'ont ces rouges, ces bleus, leur véracité simple vous éduquent; pourvu que l'on se montre parmi eux parfaitement disponible, on dirait qu'ils font quelquechose pour vous.

p.65 :
Bon emménagement dans ton tout petit atelier; le grand, le tout grand, l'espace, de toute façon, on l'a en soi.


p.67 :
il faut sentir les racines, la terre même. Il faut pouvoir à tout instant toucher la terre de la main comme le premier homme.

p.68 (à propos des couleurs) :
Leur commerce est toute la peinture. Celui qui leur coupe la parole, qui arrange, qui fait intervenir d'une manière ou d'une autre sa réflexion, ses astuces, ses plaidoyers, son agilité d'esprit, dérange et trouble leur action. Le peintre (comme l'artiste en général) ne devrait pas pouvoir prendre conscience de ses découvertes; il faut que ses progrès, énigmatiques à lui-même, passent, sans le détour de la réflexion, si rapidement dans son travail, qu'il soit incapable de les reconnaître au passage.

p.69 :
Un peintre qui écrivait, donc un peintre qui n'en était pas un...
"Je vous répondrai avec des tableaux." ...
"Je continue donc mes études."


p.70 :
Toute parlote est malentendu. Il n'y a de compréhension qu'à l'intérieur du travail, sans aucun doute.




 

Publié dans le bol peint

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phil 22/07/2009 08:34

merci dan pour ces précieux commentaires qui vont à l'essentiel du vrai chemin d'artiste

phil