peindre les nuages

Publié le par le bol vide


" Il ne suffit pas de regarder cet objet, le ciel, comme un autre. Le ciel n'est pas un objet, c'est un milieu, et un milieu sauvage. Il se dérobe si on l'attaque tout de suite, si l'on cherche à le prendre de vitesse, le résultat est brillant comme peut l'être, par exemple, une tempête de Turner; mais si l'on attend trop longtemps, le résultat est froid, infidèle : un ciel d'académie. Il faut se tenir debout à l'endroit choisi, face au motif, et attendre.
  Pendant des heures, Carmichael attend. [...] Il attend simplement que la peinture se lève en lui comme une turbulence, qu'elle se forme imperceptiblement, justement comme font les nuages, il attend qu'elle s'agrège à travers tout son corps, pour qu'enfin la beauté du ciel imprègne le papier. Carmichael attend, comme si lui-même était un nuage. Alors seulement, il peint. "


Stéphane Audeguy in La théorie des nuages, p..

Publié dans le bol peint

Commenter cet article