Zen (3) - N. Bouvier

Publié le par le bol vide


" Ce qui fait un peu de tort - malgré tout ses mérites - au zen japonais d'aujourd'hui, c'est l'immense talent qui sst manifesté pendant l'âge d'or du zen en Chine. Les anecdotes, apologues, impertinences et farces des premiers maîtres chinois ont une saveur, une envergure, un punch inégalable qui force immédiatement l'adhésion. Comment, ensuite, pourrait-on espérer faire mieux ?
[...]
Ils ont fait presque aussi bien, mais, dans le zen, le moindre soupçon d'application, de raideur, le moindre excès d'hygiène mentale démolissent tout l'édifice... et les Japonais sont, de tous les peuples, les plus hygiénistes et les plus appliqués. Aussi, avec des gaillards pareils comme devanciers, qui avaient l'énormité de la Chine, les montagnes et les immenses fleuves chinois pour théâtre à leurs tribulations, leur quête, leur féroce ambition de n'être plus coupés par rien de cette nature qui s'étendait autour d'eux aussi loin que le ciel, on est à juste titre impressionné et tenté d'imiter un peu? Cette Chine des T'ang, cela devait être quelque chose !
[...]
   Au Japon, l'échelle est tout autre; on entre dans une culture du détail avec une puissance de moins à l'exposant. Les trouvailles de l'esprit s'en ressentent. Ce n'est pas la faute des Japonais, c'est celle de la géographie. "

N. Bouvier, in Le vide et le plein, p.239/40

Publié dans autour du bol

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