La poésie - L'Art de la sieste 2)

Publié le par le bol vide

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" La poésie est d'abord une expérience. Expérience de l'éternité de l'instant présent et de l'universalité de l'endroit où l'on se trouve, expérience de l'accord au cours des choses et de l'assentiment de ce qui est, expérience de notre nature profonde et de l'univers. Dans le silence de la contemplation poétique du monde se révèle le Sens, qui indique autant une direction (la Voie à suivre) que la signification ultime des choses. La poésie est illumination silencieuse des choses. Le poème ainsi composé est éternel et universel. Le sens étant par essence tacite, le poème ne saurait l'exprimer de façon directe. Il le suscite en tournant autour, comme on fait le tour d'un lac de montagne, qui, sous le reflet des cimes, cèle une incroyable profondeur. Le poème traduit, sans l'expliciter mais seulement en la suggérant, l'expérience de recul philosophique, poétique si l'on préfère, sur le monde, quand tout devient simple, lumineux et profond. D'une évidence absolue.

   Le poème, en effleurant la surface des choses, doit donner à sentir l'indicible profondeur de l'expérience humaine, saisie dans l'éternité de l'instant présent. Miroir, il demande au lecteur d'aller puiser dans sa propre expérience, sa propre mémoire de ces moments rares et fugitifs de grâce où l'on est miraculeusement accordé au monde, au cours des choses. " 

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: H.Collet & Cheng Wing fun in L'Art de la sieste et de la quiétude, Éd. A. Michel, 2010, coll. Spiritualités vivantes, p.16-17.

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n.b. : pour moi, le haïku, c'est exactement ça !

(bien qu'ici il s'agisse d’un commentaire à propos d’un poème du poète chinois Lu Yu (1125-1210)).

d.

Publié dans autour du bol

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