" Survenue de la contemplation " d'Henri Michaux

Publié le par le bol vide


dans le recueil Face à ce qui se dérobe, Gallimard, 1975, p.108/124 :


" Calme du fondamental.
Retour à la base.
L'Inutile enfin dissipé. (...)


Seul, sans paroles - les paroles situent. Il faut demeurer dans le non-situé. (...)

Sans bouger.
Immobile. Sans changement de posture (en adopter une telle qu'on pourra la maintenir longtemps, et presque indéfiniment, choisie selon sa faiblesse autant que selon ses forces). Et s'y tenir.


[...]


Supprimé ce qu'on a "en vue", le futur disparaît, n'est plus aperçu. On est débarrassé de cette dimension. (...)


rejeter la remémoration. Le passé doit être réduit à l'extrême. Mais surtout et toujours l'ennemi est l'en avant : le désir de la distraction, les  infinies tentations de l'appétit du changement, changement de posture, d'occupation, de réflexion, créateurs aussitôt d'un rallongement mesquin disloqué qui appelle l'à venir, le proche à venir lequel appelle les suivants à venir... (...)


La non-activité, la non-participation au temps par la suppression de tout mouvement, de tout acte (soucis et préoccupation sont des actes et les plus pernicieux, étant à la fois et vainement dans le passé et dans le futur). (...)


Surprenante importance de la suppression des petits mouvements.

Humble début aux suites immenses.

La résistance soutenue aux envies de bouger introduit l'Immuable. (...) "


: H. Michaux, cité par J-F. Billeter dans Leçons sur Tchouang-tseu, Ed. Allia, 2009.

 

 

Publié dans autour du bol

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