autour du bol

Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 12:04

 

Traité zen et de l'entretien des motocyclettes

Robert M Pirzig

 

 

Le fil de ses pensées était si long et si embrouillé, si abstrait, qu'il lui fallait tout le silence et l'espace de la montagne pour arriver à le dérouler, comme si les édifices fragiles qu'il passait des heures à échafauder ne pouvaient résister à la moindre distraction, à la moindre sollicitation extérieure, sa façon de penser ne ressemblait pas à celles des autres. Elle se situait au niveau où tout bouge et change, où les valeurs et les vérités institutionnelles disparaissent, et où l'on ne peut pas continuer à progresser que grâce à sa propre intelligence. Son échec prématuré l'avait libéré de toute obligation vis-à-vis de la tradition et il avait acquis ainsi une indépendance que peu de gens connaissent. Il sentait que les écoles, et les Eglises, gouvernements, organisations politiques diverses ont tendance à orienter la pensée vers autre chose que la vérité - à l'utiliser pour se perpétuer eux-mêmes en tant qu'institutions, et pour mieux  contrôler les individus qui les servent. Il en vint à considérer son échec comme un accident heureux qui lui avait permis d'échapper au piège des vérités établies . Il lui avait fallu du temps, certes, pour comprendre ce processus, et réagir de cette manière.

 

p 133

 

ce n'est pas le téléphone en soi qui est effrayant, c'est la façon dont il détériore les relations entre les gens ...

p 167

 

 

Quand on ne pense pas au but de la course, chaque pas prend une valeur propre et devient un acte qui se suffit à lui-même

 

p 221

 

 

le passé n'existe que dans nos souvenirs, le futur n'existe que dans nos projets. le présent est notre seule réalité. L'arbre dont on prend intellectuellement conscience, à cause de ce laps de temps, est toujours situé dans le passé. Il est donc toujours irréel.

La réalité n'est que l'instant de la vision qui précède la conscience

 

Cette réalité préintellectuelle  n'est autre que la Qualité

La Qualité est la source et l'origine de tout sujet et de tout objet

 

Les intellectuels ont en général beaucoup de mal à comprendre ce que c'est que  la Qualité, c'est qu'ils se dépèchent de donner à toutes choses une forme intellectuelle. ceux qui y parviennent le mieux, ce sont les enfants, les gens le moins instruits et ceux qui n'ont pas du tout accès à la culture (mais qui n'en sont pas moins intelligents et créatifs). Par leur milieu même et leur culture, ils échappent à l'intellectualité et à la morosité, qui est une maladie intellectuelle

 

p 266- 267

 

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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 10:05

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" La poésie est d'abord une expérience. Expérience de l'éternité de l'instant présent et de l'universalité de l'endroit où l'on se trouve, expérience de l'accord au cours des choses et de l'assentiment de ce qui est, expérience de notre nature profonde et de l'univers. Dans le silence de la contemplation poétique du monde se révèle le Sens, qui indique autant une direction (la Voie à suivre) que la signification ultime des choses. La poésie est illumination silencieuse des choses. Le poème ainsi composé est éternel et universel. Le sens étant par essence tacite, le poème ne saurait l'exprimer de façon directe. Il le suscite en tournant autour, comme on fait le tour d'un lac de montagne, qui, sous le reflet des cimes, cèle une incroyable profondeur. Le poème traduit, sans l'expliciter mais seulement en la suggérant, l'expérience de recul philosophique, poétique si l'on préfère, sur le monde, quand tout devient simple, lumineux et profond. D'une évidence absolue.

   Le poème, en effleurant la surface des choses, doit donner à sentir l'indicible profondeur de l'expérience humaine, saisie dans l'éternité de l'instant présent. Miroir, il demande au lecteur d'aller puiser dans sa propre expérience, sa propre mémoire de ces moments rares et fugitifs de grâce où l'on est miraculeusement accordé au monde, au cours des choses. " 

°

: H.Collet & Cheng Wing fun in L'Art de la sieste et de la quiétude, Éd. A. Michel, 2010, coll. Spiritualités vivantes, p.16-17.

°

n.b. : pour moi, le haïku, c'est exactement ça !

(bien qu'ici il s'agisse d’un commentaire à propos d’un poème du poète chinois Lu Yu (1125-1210)).

d.

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Samedi 21 août 2010 6 21 /08 /Août /2010 15:00

peu de mots, pour aller au coeur de l'être...

 

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un coup de pinceau, un seul, remplit la toile...

 

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: anna (11/12/08)

sur :

http://haiku-nomade.over-blog.com/
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Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /Août /2010 16:53

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" Nous vivons sur une grande oasis bleue

dans un vaste désert de vide "

 

 

°

 

la 5, (dim 8/8/10)

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Mardi 29 juin 2010 2 29 /06 /Juin /2010 23:01

Extrait de : " Voguant sur la rivière Yeh " :

Portant cheveux blancs, le vieux pêcheur à la ligne ;

En habit neuf, la jeune lavandière sur la rive.

Leurs regards se croisent - il leur semble se connaître -

Dans le silence pudique, que de paroles échangées !

Meng Hao-jan

in Entre source et nuage, op. cit. p.74
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Mardi 29 juin 2010 2 29 /06 /Juin /2010 22:57

Extrait de : " Assis seul dans mon ermitage  :

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" Par-delà les mots, la saveur du thé d'émeraude. "

Ch'ien Ch'i

in Entre nuage et source,  de F. Cheng, Ed.A. Michel, p. 79
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Dimanche 13 juin 2010 7 13 /06 /Juin /2010 23:26

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Quand on part, c'est pour toujours,

Cent automnes, dix mille années, plus un mot.

*

Bao Zhao, in Sur les berges du fleuve, Ed. Orphée-La Différence, 1992, p.79
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Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /Juin /2010 00:11

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(Lu dans le métro parisien :)

" Les habiles, les jongleurs de mots sont plus éloignés de la poésie que cet homme qui - sans parole aucune - se défait de sa journée, le regard levé vers un arbre, ou le coeur attentif à la voix d'un ami. "

Andrée Chédid, in Textes pour un poème, Ed. Gallimard.

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Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /Juin /2010 00:08

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" N'importe qui peut aligner des mots les uns derrière les autres. La langue, celle de tous les jours, est comme une planche à laver. Écrire, c'est autre chose. Cela ressemble à une cadence perpétuelle au bord extrême d'un gouffre. Jusqu'à ce jour, je n'avais encore jamais écrit une ligne. J'ai passé mon temps à frotter des vêtements, des vêtements sales. D'abord, je dois trouver qui je suis, d'où je viens, où je vais, pourquoi je suis ici. Il faut que je me transforme en orphelin, que je m'apprenne ma propre langue, que j'arrête de prendre des leçons de musique, et ainsi de suite. D'abord, je dois me débarrasser de tout ce bagage que j'ai accumulé... Je veux dire : de la littérature. "

Henry Miller, in Nexus (2), Éd. Autrement, 2004.

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Jeudi 20 mai 2010 4 20 /05 /Mai /2010 09:43

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"  Notre façon de percevoir est celle du prédateur (...) une manière très efficace d'évaluer et de classer nourriture et danger. Mais là ne réside pas l'unique façon de percevoir dont nous sommes capables. Il en existe une autre (...) : l'acte de percevoir l'essence de toute chose, l'énergie elle-même, directement. "

" le fait que nous soyons piégés en traitant notre perception pour nous conformer à un monde social. (...)

Après une éternité d'usage d'une perception ainsi conditionnée, nous sommes aujourd'hui dans l'obligation de croire que le monde est fait d'objets.

(...)

C'est en premier lieu un monde d'énergie ; ensuite c'est un monde d'objets. "

(...)

" Nous sommes tellement dans le visuel, tellement sous la coupe de notre perception de prédateur que tout ce que nous voyons doit s'exprimer à l'aune de ce qu'un oeil de prédateur voit normalement. "

" Voir n'est pas si difficile. La difficulté est de briser le rempart que tous nous avons dans nos pensées et qui nous immobilise.

  Pour le briser, tout ce qu'il nous faut est de l'énergie. Une fois que nous disposons d'énergie, voir survient de soi-même.

  L'astuce consiste à abandonner notre tour d'autosatisfaction et de fausse sécurité. "

(...)

   Le plus difficile est de se convaincre que c'est possible. "

" Tout est énergie. L'univers entier est énergie. Le fondement social de notre perception devrait être la certitude physique qu'il n'y a en tout et pour tout que de l'énergie. Un puissant effort devrait être accompli pour nous conduire à percevoir l'énergie en tant qu'énergie. "

Carlos Castaneda, in L'Art de rêver, Pocket 4796.

(p.17-25)

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Jeudi 20 mai 2010 4 20 /05 /Mai /2010 09:36

 

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" nous consacrons la majeure partie de notre énergie à entretenir notre suffisance. C'est tout à fait évident, vu notre souci jamais assouvi de présentation de notre moi, et cette autre préoccupation de savoir si oui ou non nous sommes admirés, ou aimés, ou reconnus. (...) Si nous étions capables de perdre un tant soit peu de cette importance, deux choses extraordinaires surviendraient. Primo, nous libérerions notre énergie de la tentative de maintenir l'illusoire idée de notre grandeur ; secundo, nous disposerions de cette énergie pour (...) jeter un coup d'oeil sur la véritable grandeur de l'univers. "

C. Castaneda, in L'Art de rêver, Pocket n° 4796, 1993, p.57/8.


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Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /Mai /2010 18:06


dans le recueil Face à ce qui se dérobe, Gallimard, 1975, p.108/124 :


" Calme du fondamental.
Retour à la base.
L'Inutile enfin dissipé. (...)


Seul, sans paroles - les paroles situent. Il faut demeurer dans le non-situé. (...)

Sans bouger.
Immobile. Sans changement de posture (en adopter une telle qu'on pourra la maintenir longtemps, et presque indéfiniment, choisie selon sa faiblesse autant que selon ses forces). Et s'y tenir.


[...]


Supprimé ce qu'on a "en vue", le futur disparaît, n'est plus aperçu. On est débarrassé de cette dimension. (...)


rejeter la remémoration. Le passé doit être réduit à l'extrême. Mais surtout et toujours l'ennemi est l'en avant : le désir de la distraction, les  infinies tentations de l'appétit du changement, changement de posture, d'occupation, de réflexion, créateurs aussitôt d'un rallongement mesquin disloqué qui appelle l'à venir, le proche à venir lequel appelle les suivants à venir... (...)


La non-activité, la non-participation au temps par la suppression de tout mouvement, de tout acte (soucis et préoccupation sont des actes et les plus pernicieux, étant à la fois et vainement dans le passé et dans le futur). (...)


Surprenante importance de la suppression des petits mouvements.

Humble début aux suites immenses.

La résistance soutenue aux envies de bouger introduit l'Immuable. (...) "


: H. Michaux, cité par J-F. Billeter dans Leçons sur Tchouang-tseu, Ed. Allia, 2009.

 

 

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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 14:38

"  ce pays qui a la passion du « moins » et où toutes les maîtrises passent d’abord par un stade de vide. « Rien de trop » disait un des fondateurs du nô "

N. Bouvier, in Le vide et le plein, p.50/51

 

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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /Mars /2010 14:26

°

" Le bon portrait photographique est celui où seul l'homme photographié nous intéresse. Le photographe a su s'effacer complètement. "

Izis

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(à l'expo " Paris des rêves ", Hôtel de Ville de Paris, jusqu'au 29/5/2010)
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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 00:11
Prendre une pause nonchalante, comme perdu dans sa méditation, tout en écoutant de brillants lettrés faire assaut d'éloquence.
Tenir sa coupe, la main ferme et l'esprit lucide, tout en regardant les buveurs se vautrer dans leur ivresse.


TU LONG (1542- 1605)


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