ils parlent peut-être du temps
cormorans hirsutes
dans un autre monde
le cormoran impassible
parmi les surfers
inopinément
une claque d’écume dans la tête
cadeau d’océan
Luc
ils parlent peut-être du temps
cormorans hirsutes
dans un autre monde
le cormoran impassible
parmi les surfers
inopinément
une claque d’écume dans la tête
cadeau d’océan
Luc
Dans le haïku, discerner les mots "pleins" des mots "creux".
Les mots pleins sont ceux qui donnent du sens, le sens, qui sont "lourds de sens", vivants.
Les mots creux sont ceux qui sont vides de sens, "morts".
Éliminer les / Se passer des mots "creux", au possible.
(28/10/09)
°
(de chez anna :)
des tuiles des toits
jusqu'à la mer
(1/11/09)
-
Le(s) blanc(s)
que je laisse
dans le haïku,
le lecteur
franchira
(ou pas)
-
tendre au lecteur
du silence
du vide
...
-
mon haïku :
un bol
présenté
au lecteur
-
S'enfoncer dans le blanc du haïku
Le haïku
est une montagne
enneigée
-
Mettre
le plus de vide possible
dans mon haïku
-
"Oublier"
le plus de mots
possible
-
Vider mon haïku
au possible
-
Laver mon haïku
-
décolorer mon haïku
, le délaver
-
,
l'habit
cent fois porté
cent fois lavé
cf : "Chant de l'habit cent fois fois rapiécé" de Hyegûn, p.98 de Ivresse de brumes, griserie de nuages, NRF/Gallimard, Connaissance de l'Orient, 113, 2006.
°
Le haïku est la possibilité d'un bol
Le haïku est la possibilité de boire
°
- Ne manque-t-il pas quelque chose dans votre haïku ?
- Oui, il y manque ce que vous y mettrez
-
Le haïku est une salle de cinéma vide
-
Il s'agit moins de dire,
que de laisser le lecteur se placer
pour qu'il voie
_
Si tu lui mets trop de mots,
tu lui bouches la vue
-
Les mots
bouchent la vue
du haïku
-
((a)perce)voir)
le haïku
à travers
les mots
-
Les mots
voilent /
cachent /
(burqachent ?) /
obscurcissent
le haïku
-
les mots-nuages
dissipés,
la montagne-haïku
apparaît
-
Le lecteur
lance sa passerelle
pour franchir ton haïku
-
au lecteur
sa clé
du haïku
-
le haïku comme kôan ?
-
le lecteur trouve
(ou ne trouve pas)
sa solution au haïku
...
-
(le haïku n'est pas une femme facile.)
°
Laisser des blancs
dans le haïku
-
Le haïku est un mi-chemin
Le haïku est un demi-pas
°
Ne mets pas tes lunettes
sur le nez de ton lecteur
°
Crée du vide
dans ton haïku
-
Offre à ton lecteur
un saut
par le vide des mots
°
L'essentiel est de laisser le lecteur
compléter le haïku.
-
Le lecteur franchit la faille
que le haïjin a creusée
dans son haïku
-
Creuse
ton haïku,
Laisse
ton lecteur
creuser
-
Encreuse
-
Toussaint -
Creuse
ton
haïku
-
ensevelis tes mots morts
°
écourte
condense
:
haïku sec
°
d.(1-2/11/09)
sans pensée d’été
marcher dans les feuilles mortes
sans idée d’hiver
forêt silencieuse
prise par le crépuscule
la chute d’une châtaigne
du livre de Simon Leys :
Le Bonheur des petits poissons
LdP n° 31288, 2008
(p.23/4. Flaubert, à propos de Madame Bovary, disait :)
" Il y a bien des détails que je n'écris pas. Ainsi pour moi, M. Homais est
légèrement marqué de petite vérole. Dans le passage que j'écris immédiatement,
je vois tout un mobilier (y compris des taches sur les meubles) dont il ne sera
pas dit un mot..."
" Il ne suffit pas (poursuit S. Leys) à l'artiste d'avoir la vision de son
sujet. Pour restituer cette vision dans toute son intensité, il doit la suggérer
par la litote (" Il y a bien des détails que je n'écris pas ").
et Robert Louis Stevenson :
" Ah, mon Dieu ! il n'y a qu'un seul art : l'art d'omettre ! Oh, si seulement
j'avais le talent de couper, je n'ambitionnerais nul autre don. Un écrivain qui
saurait comment couper, pourrait transformer n'importe quelle gazette
quotidienne en une épopée homérique. "
Cette puissance expressive des " blancs " du récit est d'ailleurs confirmée
par les initiatives de la censure : c'est quand Madame Bovary disparaît pour
quelques heures avec son amant dans un fiacre dont on ne voit plus que les
stores hermétiquement clos, que les censeurs ont vraiment commencé à s'affoler
(...) Nul écrivain ne dispose d'une puissance verbale qui pourrait rivaliser avec
l'imagination de ses lecteurs ; aussi tout son art est-il de jouer sur ce
clavier-là. "
Simon Leys
Ravi de trouver sur Amazon. ce doux livre :
Haiku : The Gentle Art of Disappearing
de Gabriel Rosenstock
Haïku : Le doux art de disparaître
daniel
Un peintre chinois du XVIIè siècle avait pris l’habitude de détruire ses peintures au fur et à mesure de leur achèvement, car c’était l’expérience spirituelle de l’exécution qui l’intéressait, tandis que l’œuvre achevée n’en était que le résidu.
(p.68)
" Les Chinois considèrent que " peindre est surtout difficile avant de peindre", car " l'idée doit précéder le pinceau "... Pour l'artiste, il s'agit en effet de restituer d'un jet l'image qu'il s'était formée dans l'esprit avant de prendre le pinceau; et quand le pinceau attaque le papier, c'est d'un mouvement foudroyant et sans retour, " comme le faucon qui fond sur un lièvre ".
(p.20/21)
Léonard de Vinci au prieur de Sainte-Marie-des-Grâces, qui était irrité des longs intervalles d'inaction que s'octroyait le peintre qui travaillait alors à la Cène, lui expliqua "les secrets de l'art de peindre :" Les hommes de génie accomplissent parfois le plus grand quand ils agissent le moins, car ils doivent méditer leurs inventions et former dans leur esprit les idées parfaites qu'ils exprimeront subséquemment en les reproduisant avec leurs mains."
(p.19)
de Ouchi Yoshitaka
(1507-1551), samouraï général et gouverneur de l'île de
Kyushu :
Utsu hito mo
utaruru hito mo
morotomo ni
nyo ro yaku nyo den
ô sa ni ze kan
Vainqueur
et vaincu
ne sont que gouttes de rosée,
qu' éclairs d'orage -
ainsi devrions nous voir le monde.
début octobre
les escargots de sortie
leur agenda plein ?
arrosant la nature
de plomb et de connerie
la chasse est ouverte
Luc
ce qu'ils pensent du bol